Le mot rassure, et c'est le problème. La convocation arrive par courrier ou par téléphone, sans interpellation ni cellule, ce qui la fait passer pour une formalité. Vous y êtes pourtant entendu comme suspect, et plusieurs protections que la loi accorde en garde à vue n'existent pas ici.
Ce qu'est une audition libre, exactement
L'article 61-1 du code de procédure pénale vise la personne à l'égard de laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction. C'est la définition légale du suspect : entendu sous ce régime, dans les locaux de la police ou de la gendarmerie, vous n'êtes ni témoin ni simple sachant.
Le texte ne réserve pas la mesure aux faits légers. Il dit qu'elle se déroule sans contrainte. Une audition libre peut porter sur des violences, une escroquerie, une infraction routière ou des faits plus graves encore, dès lors que les enquêteurs n'ont pas besoin de vous retenir.
Un dernier alinéa, presque jamais cité, lève toute ambiguïté : l'article 61-1 n'est pas applicable si la personne a été conduite sous contrainte, par la force publique, devant l'officier de police judiciaire. Dès qu'il y a contrainte, il ne s'agit plus d'une audition libre.
Le choix entre l'audition libre et la garde à vue relève de la seule compétence de l'officier de police judiciaire, qui use de l'un ou de l'autre régime selon des considérations d'opportunité. Ce choix disparaît toutefois dans un cas : lorsque la personne a été conduite sous contrainte par la force publique devant l'officier de police judiciaire (article 61-1, dernier alinéa), l'audition libre ne peut pas être mise en oeuvre. C'est le cas du suspect qui ne défère pas à la convocation et se voit contraint de comparaître par la force publique (article 61, alinéa 3), comme de celui qui est appréhendé par un agent de police judiciaire ou un agent de police judiciaire adjoint en application de l'article 73 du code de procédure pénale. Une mesure de garde à vue s'impose alors.
La différence avec la garde à vue ne tient pas à la gravité des faits
C'est l'erreur la plus répandue. La garde à vue n'est pas le régime des affaires sérieuses, et l'audition libre celui des petites affaires. La garde à vue, définie à l'article 62-2 du code de procédure pénale, est une mesure de contrainte : elle maintient la personne à la disposition des enquêteurs. L'audition libre repose sur l'absence de cette contrainte. De cette différence unique découlent toutes les autres, y compris celles qui vous désavantagent.
Comparatif
Audition libre et garde à vue : sept différences de régime
Le critère de distinction est unique, c'est la contrainte. Tout le reste en découle, y compris les droits que l'audition libre n'ouvre pas.
Fondement
Audition libre
Article 61-1 du code de procédure pénale
Garde à vue
Article 62-2 du code de procédure pénale
Contrainte
Audition libre
Aucune. Le régime cesse de s'appliquer si la personne est conduite sous contrainte par la force publique
Article 61-1, dernier alinéa
Garde à vue
Mesure de contrainte : la personne est maintenue à la disposition des enquêteurs
Durée
Audition libre
Aucun maximum légal. Le contrepoids est le droit de quitter les locaux à tout moment
Garde à vue
24 heures, prolongeable selon l'infraction et le régime applicable
Liberté de partir
Audition libre
Oui, à tout moment, et ce droit doit être notifié avant l'audition
Article 61-1, 2°
Garde à vue
Non
Entretien confidentiel avec l'avocat
Audition libre
Aucun texte ne le prévoit
Garde à vue
Trente minutes au maximum, renouvelable en cas de prolongation
Article 63-4
Consultation des procès-verbaux par l'avocat
Audition libre
Aucun texte ne le prévoit
Garde à vue
Procès-verbal de notification, certificat médical et procès-verbaux d'audition de la personne assistée
Article 63-4-2
Audition avant l'arrivée de l'avocat
Audition libre
Possible. La personne peut accepter expressément de poursuivre hors la présence de son avocat
Article 61-1, 5°
Garde à vue
Interdite depuis le 1er juillet 2024, sauf renonciation expresse ou report écrit et motivé
Article 63-4-2-1
Sources : code de procédure pénale, articles 61-1, 62-2, 63-4, 63-4-2 et 63-4-2-1, versions en vigueur au 11 août 2026. Le régime de la garde à vue relatif à l'assistance de l'avocat résulte de la loi du 22 avril 2024, applicable aux mesures prises à compter du 1er juillet 2024.
Ce qui fait basculer d'un régime à l'autre
L'article 62 du code de procédure pénale organise ce passage, dans les deux sens. Si vous êtes entendu comme personne non soupçonnée et qu'apparaissent, au fil de l'audition, des raisons plausibles de vous soupçonner, les enquêteurs doivent vous notifier sans délai les informations de l'article 61-1, sauf si un placement en garde à vue s'impose. Si vous étiez retenu sous contrainte et qu'apparaissent des soupçons portant sur un crime ou un délit puni d'emprisonnement, vous ne pouvez plus être maintenu à la disposition des enquêteurs que sous le régime de la garde à vue.
Une audition libre peut donc se transformer en garde à vue en cours de route. Le moment exact où les droits vous sont notifiés devient alors un point de procédure vérifiable, et l'un des premiers que le cabinet contrôle.
Combien de temps une audition libre peut-elle durer
Aucun texte ne fixe de durée maximale à l'audition libre d'une personne soupçonnée. Le contrepoids n'est pas une limite horaire, c'est le droit de partir.
La limite de quatre heures que l'on rencontre partout existe bien, mais elle vise autre chose. L'article 62 du code de procédure pénale prévoit que les personnes à l'encontre desquelles il n'existe aucune raison plausible de soupçon peuvent être retenues sous contrainte le temps strictement nécessaire à leur audition, sans excéder quatre heures. Ce plafond encadre la rétention d'une personne non suspectée, pas votre audition libre.
À ne pas confondre. Les quatre heures de l'article 62 encadrent une contrainte, celle qui pèse sur une personne non soupçonnée. L'audition libre n'en comporte aucune, ce qui explique l'absence de plafond horaire. Les chiffres de quatre à six heures parfois présentés comme la durée moyenne d'une audition libre ne reposent sur aucun texte.
Une précision utile si la mesure se durcit : le temps d'une audition libre antérieure s'impute sur la durée de la garde à vue qui suivrait. Ce mécanisme de décompte est détaillé dans notre article sur la durée d'une garde à vue et son décompte réel.
Êtes-vous obligé de vous présenter
Oui. L'article 78 du code de procédure pénale pose le principe : les personnes convoquées par un officier de police judiciaire pour les nécessités de l'enquête sont tenues de comparaître. L'obligation existe donc, même si l'audition est dite libre.
La suite du texte encadre strictement la sanction de cette obligation. L'officier de police judiciaire peut contraindre à comparaître par la force publique, mais avec l'autorisation préalable du procureur de la République, et seulement à l'égard des personnes qui n'ont pas répondu à une convocation ou dont on peut craindre qu'elles n'y répondent pas. Le procureur peut aussi autoriser une comparution forcée sans convocation préalable en cas de risque de modification des preuves, de pressions sur les témoins ou les victimes, ou de concertation entre coauteurs.
Reste la conséquence que personne ne tire. Si vous êtes conduit sous contrainte par la force publique, l'article 61-1 cesse de s'appliquer. Ne pas se présenter ne conduit donc pas à une audition libre forcée, notion qui n'existe pas : cela fait sortir la situation d'un régime protecteur. Répondre à la convocation, après avoir consulté un avocat, reste la position la plus favorable.
Les six informations qui doivent vous être notifiées
Avant toute question sur les faits, l'article 61-1 impose six notifications. Leur absence est une irrégularité, et leur mention doit figurer au procès-verbal.
- La qualification, la date et le lieu présumés de l'infraction que vous êtes soupçonné d'avoir commise ou tenté de commettre.
- Le droit de quitter à tout moment les locaux où vous êtes entendu.
- Le cas échéant, le droit d'être assisté par un interprète.
- Le droit de faire des déclarations, de répondre aux questions, ou de vous taire.
- Si les faits constituent un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement, le droit d'être assisté par un avocat choisi par vous ou, à votre demande, désigné d'office par le bâtonnier.
- La possibilité de bénéficier, le cas échéant gratuitement, de conseils juridiques dans une structure d'accès au droit.
La sixième mention est celle qu'on oublie presque toujours. Elle ouvre un accès à une consultation juridique en amont, distincte de l'assistance pendant l'audition, dans les points-justice et les maisons de justice et du droit.
La convocation écrite obéit à une règle voisine, mais moins ferme qu'on ne le lit. L'article 61-1 prévoit que, si le déroulement de l'enquête le permet, elle indique l'infraction soupçonnée, votre droit d'être assisté par un avocat, les conditions d'accès à l'aide à l'intervention de l'avocat et à l'aide juridictionnelle, les modalités de désignation d'un avocat d'office et les lieux où obtenir des conseils juridiques. Cette condition initiale compte : une convocation moins détaillée n'est pas automatiquement irrégulière, mais son contenu se vérifie.
Dernier point, souvent découvert sur place. La signalisation, prise d'empreintes et de photographies, peut vous être demandée sur le fondement de l'article 55-1 du code de procédure pénale. Le refus est lui-même un délit, puni au maximum d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
Faut-il un avocat en audition libre
La question appelle trois réponses distinctes : quand le droit existe, ce qu'il ne recouvre pas, et ce que l'avocat peut réellement faire.
Le droit à l'avocat n'existe pas dans tous les cas
L'article 61-1 réserve l'assistance d'un avocat aux auditions portant sur un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement. Pour une contravention, ou pour un délit qui n'est pas puni d'emprisonnement, ce droit n'est pas ouvert par le texte. La qualification retenue détermine donc l'existence même de votre droit à être assisté : c'est la première chose à lire sur la convocation.
Les trois protections de la garde à vue qui n'existent pas ici
C'est le point le plus mal traité en ligne, où l'on attribue parfois à l'audition libre des droits qui appartiennent à la garde à vue. La raison est technique : l'article 61-1, 5° ne renvoie qu'aux articles 63-4-3 et 63-4-4 du code de procédure pénale, qui règlent seulement les modalités de l'assistance pendant l'audition, questions posées par l'avocat à l'issue et observations écrites. Les trois garanties ci-dessous relèvent d'autres articles, non visés par ce renvoi : l'entretien confidentiel de trente minutes (article 63-4), la consultation des procès-verbaux (article 63-4-2) et l'interdiction d'entendre la personne avant l'arrivée de son avocat (article 63-4-2-1, depuis la suppression du délai de carence par la loi du 22 avril 2024).
Le point décisif
Trois protections de la garde à vue n'existent pas en audition libre
L'article 61-1, 5° ne renvoie qu'aux articles 63-4-3 et 63-4-4 du code de procédure pénale, qui règlent les seules modalités de l'assistance pendant l'audition. Les autres garanties restent attachées à la garde à vue.
01
L'entretien confidentiel de trente minutes
En garde à vue
La personne peut s'entretenir avec son avocat dans des conditions qui garantissent la confidentialité, trente minutes au maximum.
Article 63-4
En audition libre
Aucun texte ne prévoit cet entretien préalable.
02
La consultation des procès-verbaux par l'avocat
En garde à vue
L'avocat consulte le procès-verbal de notification, le certificat médical et les procès-verbaux d'audition de la personne qu'il assiste.
Article 63-4-2
En audition libre
Aucun droit d'accès aux pièces n'est ouvert par le texte.
03
L'interdiction d'entendre la personne avant l'arrivée de son avocat
En garde à vue
Depuis le 1er juillet 2024, la personne qui demande un avocat ne peut être entendue sur les faits avant son arrivée, sauf renonciation expresse ou report écrit et motivé.
Article 63-4-2-1, loi du 22 avril 2024
En audition libre
Aucune règle équivalente. Le texte prévoit seulement que la personne peut accepter expressément de poursuivre l'audition hors la présence de son avocat.
Article 61-1, 5°
Ce que l'avocat peut faire en audition libre relève du seul article 63-4-3 : poser des questions à l'issue de l'audition, et présenter des observations écrites jointes à la procédure. Sources : code de procédure pénale, versions en vigueur au 11 août 2026.
L'écart le plus lourd concerne le troisième point. Depuis le 1er juillet 2024, en application de la loi du 22 avril 2024, une personne gardée à vue qui demande l'assistance d'un avocat ne peut plus être entendue sur les faits avant son arrivée, sauf renonciation expresse ou décision écrite et motivée de report. Aucun texte équivalent n'existe en audition libre : l'article 61-1 se borne à préciser que la personne peut accepter expressément de poursuivre l'audition hors la présence de son avocat. La protection repose donc sur votre propre vigilance, et vos deux leviers restent ceux que le texte vous donne partout ailleurs : quitter les locaux, ou vous taire.
Un point mérite d'être souligné : la réforme du 22 avril 2024 a renforcé les droits de l'avocat en garde à vue sans toucher à l'article 61-1, donc sans rien changer à l'audition libre. L'écart entre les deux régimes s'est ainsi creusé après le 1er juillet 2024.
La pratique, en Île-de-France : les textes fixent un plancher, pas un plafond. Très souvent, les enquêteurs acceptent de communiquer à l'avocat les infractions visées par l'enquête. De même, la plupart du temps, policiers et gendarmes ne s'opposent pas à ce que l'avocat s'entretienne avec son client avant son audition, alors qu'aucun texte ne l'impose en audition libre. C'est une raison de plus d'appeler un avocat avant de se présenter : ce qui n'est pas un droit peut être obtenu, à condition d'être demandé.
Ce que l'avocat peut faire, textes à l'appui
L'article 63-4-3 définit précisément le périmètre de son intervention.
- L'audition est menée sous la direction de l'officier ou de l'agent de police judiciaire, qui peut y mettre un terme en cas de difficulté et en aviser le procureur de la République.
- À l'issue de chaque audition ou confrontation, l'avocat peut poser des questions. Le refus ne peut être opposé que si elles sont de nature à nuire au bon déroulement de l'enquête, et il doit être mentionné au procès-verbal.
- L'avocat peut présenter des observations écrites, y consigner les questions refusées, et ces observations sont jointes à la procédure.
Ces observations écrites sont le seul document que la défense verse au dossier à ce stade. Le magistrat qui décidera de la suite les lira : c'est un acte de défense, pas une formalité.
Qui paie l'avocat en audition libre
L'article 61-1 est explicite, et c'est la phrase qui surprend le plus : la personne est informée que les frais seront à sa charge, sauf si elle remplit les conditions d'accès à l'aide juridictionnelle.
Le mécanisme applicable est l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles, prévue à l'article 11-2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Elle couvre expressément les auditions des articles 61-1 à 61-3 du code de procédure pénale, mais reste accordée sous condition de ressources, celles de l'aide juridictionnelle.
Commis d'office ne veut pas dire gratuit. La désignation d'office par le bâtonnier organise la disponibilité d'un avocat, pas la prise en charge de ses honoraires. Si vous ne remplissez pas les conditions de ressources, l'intervention reste à votre charge, que l'avocat ait été choisi ou désigné. Les principes de facturation du cabinet sont détaillés sur la page honoraires.
Ce qui peut suivre une audition libre
À l'issue de l'audition, vous repartez. La décision appartient au procureur de la République et peut intervenir des mois plus tard. Quatre orientations sont possibles.
| Orientation | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Classement sans suite | Le procureur n'engage pas de poursuites. La décision peut être motivée par l'absence d'infraction, l'insuffisance des charges ou un motif d'opportunité. |
| Alternative aux poursuites | Avertissement pénal probatoire, composition pénale, stage ou réparation, sans passage devant un tribunal de jugement. |
| Poursuite devant le tribunal correctionnel | Le plus souvent par une convocation par officier de police judiciaire, remise ou adressée après l'audition. |
| Ouverture d'une information judiciaire | Un juge d'instruction est saisi, notamment en matière criminelle ou dans les dossiers complexes. |
Les voies qui supposent que vous soyez retenu, comme la présentation immédiate au procureur, ne s'ouvrent pas directement depuis une audition libre : elles supposeraient qu'une garde à vue soit décidée ensuite. Les suites propres à cette mesure sont détaillées sur notre page avocat garde à vue.
Un point mérite d'être connu dès maintenant : une audition libre laisse une trace au traitement des antécédents judiciaires, y compris en cas de classement sans suite, et ouvre après un an un droit d'accès au dossier d'enquête. Ces deux mécanismes sont traités dans notre article sur ce que la procédure enregistre et laisse.
Le calendrier de ces suites n'est encadré par aucun texte, comme après une garde à vue. Nous le détaillons dans notre article sur le délai de convocation après une garde à vue.
Si la personne entendue est mineure
Le code de la justice pénale des mineurs renforce nettement le régime. Lorsqu'un mineur est entendu librement, l'officier ou l'agent de police judiciaire informe par tout moyen ses représentants légaux, ou la personne ou le service auquel le mineur est confié (article L. 412-1). Si l'enquête concerne un crime ou un délit puni d'emprisonnement et que ni le mineur ni ses représentants légaux n'ont sollicité d'avocat, le bâtonnier en est informé sans délai afin d'en commettre un d'office (article L. 412-2). Les droits lui sont notifiés dans des termes simples et accessibles, avec celui d'être accompagné par ses représentants légaux ou par l'adulte approprié (article R. 412-1).
Ce cadre est développé sur notre page consacrée à la défense pénale des mineurs.
Comment le cabinet intervient
L'audition libre se prépare avant, pas pendant. La méthode du cabinet suit quatre étapes.
- La lecture de la convocation. La qualification retenue conditionne la peine encourue et l'existence même de votre droit à l'assistance d'un avocat. Quand la convocation a été passée par téléphone, le cabinet en demande la confirmation écrite au service enquêteur.
- La préparation de l'audition. Le cabinet examine les faits et arrête avec vous une position claire sur ce que vous direz et sur ce que vous ne direz pas. Le droit de se taire s'exerce, il ne s'improvise pas.
- L'assistance sur place. Le cabinet intervient dans le périmètre de l'article 63-4-3 : questions à l'issue de l'audition, observations écrites versées à la procédure, contrôle des mentions portées au procès-verbal avant signature.
- Le contrôle de régularité. Le cabinet vérifie le moment de la notification des droits, le respect du cadre de l'article 61-1, l'absence de contrainte de fait et la conformité de la signalisation. Ces vérifications nourrissent, le cas échéant, les exceptions de nullité soulevées devant la juridiction de jugement.
Le cabinet ne dispose pas de secrétariat filtrant : Hector Lajouanie et Charles Garaudet sont joignables directement, y compris le soir et le week-end, au 06 76 96 85 24.
Questions fréquentes
Est-ce grave d'être convoqué en audition libre ?
Une convocation en audition libre signifie qu'il existe des raisons plausibles de vous soupçonner d'une infraction. Ce n'est ni une accusation ni une condamnation, mais c'est un acte d'enquête dont les déclarations sont consignées au procès-verbal et exploitées ensuite. La gravité dépend de la qualification retenue, pas du nom de la mesure.
Quelle est la durée maximale d'une audition libre ?
Aucune durée maximale n'est prévue par la loi pour l'audition libre d'une personne soupçonnée. Vous pouvez quitter les locaux à tout moment, ce qui constitue la seule limite réelle. La durée de quatre heures souvent citée concerne la rétention sous contrainte d'une personne non soupçonnée, prévue à l'article 62 du code de procédure pénale.
Combien coûte un avocat en audition libre ?
L'article 61-1 du code de procédure pénale prévoit que les frais d'avocat sont à la charge de la personne entendue, sauf si elle remplit les conditions d'accès à l'aide juridictionnelle. L'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles couvre l'audition libre, mais sous condition de ressources. Un avocat désigné d'office n'est donc pas nécessairement gratuit.
Peut-on refuser de se rendre à une audition libre ?
Les personnes convoquées par un officier de police judiciaire sont tenues de comparaître, selon l'article 78 du code de procédure pénale. En cas d'absence, une comparution par la force publique peut être autorisée par le procureur de la République. Si vous êtes conduit sous contrainte, le régime de l'audition libre ne s'applique plus.
Peut-on être placé en garde à vue après une audition libre ?
Oui. Si des raisons plausibles de soupçonner un crime ou un délit puni d'emprisonnement apparaissent et que votre maintien à disposition devient nécessaire, les enquêteurs ne peuvent le faire que sous le régime de la garde à vue, avec notification des droits correspondants. Le temps de l'audition libre s'impute alors sur la durée de la garde à vue.
Comment se préparer à une audition libre ?
La préparation commence par la lecture de la convocation, qui indique la qualification, la date et le lieu présumés de l'infraction. Consulter un avocat avant la date fixée permet d'anticiper les questions, de décider si vous répondez ou gardez le silence, et de mesurer les conséquences de chaque déclaration.
Un mineur peut-il être entendu en audition libre ?
Oui, avec des garanties renforcées par le code de la justice pénale des mineurs. Les représentants légaux sont informés, les droits sont notifiés en termes simples et accessibles, et pour un crime ou un délit puni d'emprisonnement, un avocat est commis d'office par le bâtonnier si ni le mineur ni ses représentants légaux ne l'ont sollicité.
L'auteur

Hector Lajouanie
Avocat au barreau de Versailles
Article rédigé par le cabinet Hector Lajouanie, avocat au barreau de Versailles, toque n° 405, dont l'activité est exclusivement consacrée au droit pénal et au droit routier. Voir le parcours complet.
Sources : articles 55-1, 61, 61-1, 62, 62-2, 63-4, 63-4-2, 63-4-2-1, 63-4-3, 63-4-4, 73 et 78 du code de procédure pénale ; article 11-2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; articles L. 412-1, L. 412-2 et R. 412-1 du code de la justice pénale des mineurs. Mis à jour le 11 août 2026, les textes cités étant dans leur version en vigueur à cette date. Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas une consultation juridique.
